Poésie Le chemineau
Le chemineau
Auteure Marie-Antoinette VENET
Il s'en allait, le pas traînant,
Sa besace sur son dos courbé,
Des vêtements trop grands, élimés,
Le chemineau, bousculé par le vent.
Quand c'était la belle saison,
Il se couchait près d'un buisson
Et, dans la nuit, faisait un rêve
Qui l'emmenait près d'une grève.
Mais ! Quand le grand vent d'hiver
Soufflait très fort, le bousculant,
Pour lui la vie était amère.
Comme il était loin le printemps !
Dans les maisons, timidement,
Le chemineau mendiait un brin
De pain, un petit sou, quelquefois rien,
Le chemineau au regard fuyant.
Les mauvais garçons lui jetaient des pierres,
Les enfants se cachaient près de leur mère,
Les femmes si signaient prestement,
Les hommes le chassaient méchamment.
Il s'en allait, le pas traînant,
Courbé par le poids des ans,
Par la misère qui l'a usé trop tôt,
Un vieux chapeau cachant ses yeux, le Chemineau.

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