Poésie La complainte de l' ouvrier
La complainte de l' ouvrier
Auteure Marie-Antoinette VENET
Laisse moi rêver ! je veux oublier,
Oublier le temps, les jours moroses.
La nuit m'appartient, le jour m'est volé,
Pour un ouvrier, il n'y a pas de pause.
Samedi et dimanche si vite passés,
Mais cinq jours de labeur écrasant,
Et pour ce travail si mal payé,
Le SMIG et la prime de rendement.
Plus vite, mon ami, en une heure
Il faut terminer cette série.
Si tu réussis bien ce labeur
Tu ne resteras pas dans l'oubli !
Les cerfs peinaient pour le Seigneur,
Il en est toujours ainsi dans le monde,
Le pauvre est toujours opprimé, on le leurre,
Pauvre petit rouage, jusqu'à la tombe.
Et quand tu fais les trois huit
Alors ! adieu DIMANCHE et jours de fêtes,
Même la nuit, aucune fuite
Dans le rêve, seul travail en tête.
Il faut compter pour vivre et lutter,
Tu n'as que la nuit pour rêver.
Que te reste-t-il au matin ?
Un peu plus de lassitude amère, et rien !
En plus, il y a le chomage
Qui guette chaque salarié,
Et si tu as dépassé l'âge,
Tu pourras toujours te reclasser !
Un pion sur un échiquier,
Que les grands de ce monde
Déplacent et jouent avec malignité,
Voilà ce que tu es, pauvre ouvrier.

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